Les 5 règles d’or d’un couple durable

Avec l’éclatement des schémas familiaux, la durée du couple n’est plus motivée par les mêmes impératifs qu’autrefois. Quand on décide de persévérer aujourd’hui, ce n’est plus parce qu’il faudrait « tenir pour tenir » – pour se conformer à la norme, pour des raisons socio-économiques, pour faire plaisir à papa-maman ou encore pour les enfants… – « mais parce que le long terme est un chemin de plénitude et de liberté, soutient Fabienne Kraemer. Le couple, c’est l’école de l’altérité et la rencontre avec l’autre relève du développement individuel ». Pour la psychanalyste, les couples qui vont bien ont un projet d’épanouissement personnel « et » à deux. « Ceux qui ont décidé de poursuivre leur aventure ensemble ont accepté l’idée que l’amour les rende dépendants l’un de l’autre, observe la psychanalyste. Ont accepté ce risque que désormais leurs vies soient liées, qu’ils soient engagés d’un point de vue affectif. Ont accepté de faire des efforts et quelques concessions pour être heureux à deux. »

Se comporter avec courtoisie l’un envers l’autre
En amour, nous avons tendance à beaucoup suivre nos intuitions, à nous dire que ce qui compte, c’est d’être soi-même, d’être « naturel ». Mais la spontanéité ne signifie pas qu’il faille se comporter grossièrement : « Si nous décidons de continuer, nous devons essayer de nous montrer aussi civilisés l’un avec l’autre qu’en société. Nous sommes souvent beaucoup plus empathiques et respectueux à l’extérieur qu’à l’intérieur de notre couple. Il faut essayer d’appliquer au sein de notre duo toutes les règles auxquelles nous nous astreignons au dehors, recommande Fabienne Kraemer. L’autre n’est pas un défouloir. Nous devons nous rendre meilleurs l’un pour l’autre, l’un avec l’autre. »
Cela nécessite de faire des efforts, de nous contenir, de donner le meilleur de nous-mêmes. S’il y a bien une sphère qui mérite cette attention-là, c’est l’intimité. « Si nous décidons de rester ensemble, il faut se montrer ambitieux, encourage la psychanalyste. S’éduquer, travailler sur soi, se préparer à devenir un être de qualité dans le couple. »

Élaborer des projets
Les promesses initiales que l’on peut échanger au début d’une histoire sont très importantes. Continuer ensemble, c’est ne pas hésiter à les remettre à l’ordre du jour si elles n’ont pas été accomplies, les actualiser, en ajouter éventuellement de nouvelles. Fabienne Kraemer suggère de « tenir une sorte de calendrier de ce que nous souhaitons réaliser ensemble : sauter en parachute, partir à Venise, acheter une maison… Chaque projet a un début, un milieu, une fin. Il nécessite un rétroplanning pour voir le jour. Je crois au poids du temps, au fait de le découper par étapes, en concertation avec l’autre. Confirmer son engagement dans la durée, cela passe par des actes très concrets ».
S’asseoir à table et discuter : « Je désire faire cela avec toi. Qu’en penses-tu ? Comment pouvons-nous nous y prendre ? Que puis-je faire pour que cela aboutisse ? » Trop souvent, nous renonçons. Nous nous laissons happer par le quotidien. Nous ne nous investissons plus du tout et nous nous éloignons de nos envies communes. Décider de continuer donne un nouveau souffle, une nouvelle énergie. C’est le moment de prendre des résolutions et de s’y tenir, par exemple se donner rendez-vous tous les ans ou tous les deux ans pour faire un bilan de l’année écoulée et définir nos prochaines envies, les prochains projets par lesquels nous construisons le futur ensemble.
Être amis
Parfois, nous nous demandons si nous devons être ami avec notre conjoint. La psychanalyste répond par l’affirmative : « Nous devons même être les meilleurs amis du monde ! Continuer implique de renoncer à l’hostilité, ne pas envisager l’autre comme un ennemi, ni même nous montrer indifférent à son égard. Sinon, quel serait l’intérêt du couple ? Si nous avons développé de l’animosité, s’il fut parfois la dernière personne à laquelle nous avions envie de parler de nos problèmes, c’était une erreur. On peut convenir, à partir de maintenant, de faire constamment preuve d’une mutuelle bienveillance, d’apprendre à nous excuser si nous nous apercevons que nous n’avons pas été prévenants. »
Resserrer les liens amoureux suppose également que notre partenaire soit la première personne vers qui nous nous tournons pour nous confier et parler de nos difficultés. Bien entendu, il n’apportera pas les solutions à tous nos problèmes, mais s’efforcera de nous aider à les trouver, de nous prêter une oreille attentive, de nous conseiller avec délicatesse. Et Fabienne Kraemer de constater : « C’est bon de savoir que nous trouverons les bons bras au bon moment, que nous pouvons nous faire mutuellement la courte échelle et nous passer le relais en fonction des situations ! » À nous de le décider.
Faire une croix sur les scènes de ménage

La scène de ménage n’a plus lieu d’être dans ce nouvel élan. Elle n’aurait d’ailleurs jamais dû exister, car elle appartient au passé, à une époque où le divorce n’était pas concevable, à une époque où le couple était une sorte d’obligation qui générait une foule de frustrations. L’un et/ou l’autre explosait à cause des non-dits. Aujourd’hui, il faut la bannir. « Nous avons décidé de ne pas hurler sur nos enfants, observe la psychanalyste. Je ne vois pas pourquoi nous devrions crier sur notre conjoint. Ce n’est pas une décision qui concerne l’autre, c’est une décision qui concerne les conflits et la manière dont nous voulons les gérer. »
Sa recommandation : être capable, quand le ton monte, de se dire : « Je m’en vais. Je me tais. Je vais faire un tour. Je me refuse à cela. Et si j’ai commencé à mettre un doigt dedans, je fais demi-tour. » On peut également convenir, dans le couple, de se tenir à un principe de « non-scène de ménage », s’accorder éventuellement sur des signaux d’alerte et s’astreindre à trouver un autre moyen de communiquer. Et si la dispute surgit quand même parce que nous sommes exaspérés, se rappeler que l’on s’est promis de ne plus monter dans les tours et s’efforcer d’en sortir par le haut : calmer le débordement d’émotions pour revenir au cœur du sujet. « J’ai remarqué que le jour où un couple décide de ne plus se disputer, il ne se dispute plus », certifie Fabienne Kraemer.

Instaurer des rituels
Dans ce monde où nous n’avons plus de temps pour rien, les crises naissent aussi parce que nous n’avons plus de temps à deux, ou que nous le gâchons en passant des heures sur nos écrans. Si nous décidons de revivifier notre relation, il est essentiel de se réserver des moments à deux, conseille la psychanalyste. Un temps hebdomadaire, sans téléphone et sans autre distraction. Ouvrir ces espaces de dialogue rend possible de traiter divers sujets, agréables ou désagréables, comme les différends laissés en suspens lors de scènes de ménage avortées. « Ce rituel doit être prioritaire, insiste Fabienne Kraemer. Si nous avons convenu de nous retrouver tous les vendredis soir, nous nous retrouverons tous les vendredis soirs, quoi qu’il arrive. Au départ, cela paraît très artificiel, mais en réalité, cette bulle devient vite indispensable à chacun. »
Autre rituel fondamental aux yeux de la psychanalyste : se réengager régulièrement l’un avec l’autre, se rappeler que nous nous aimons, que nous sommes l’un avec l’autre et que nous marchons main dans la main. « Pourquoi ne pas imaginer des remariages tous les cinq ans ? suggère-t-elle. Mais chacun peut inventer son propre cérémonial, l’écrire, le programmer ensemble. » Libéré des carcans sociaux et des modèles classiques, le couple s’invente dans des formes nouvelles où il ne doit pas s’oublier, comme les familles recomposées. Dans ces aventures aussi enthousiasmantes que difficiles, il doit veiller à prendre soin de lui-même. Là encore, le couple doit bénéficier de moments exclusifs et privilégiés, des temps dont les enfants ne font pas partie. Et être célébré par des rituels qui le consolident.
“J’ai appris à être moins exigeante”
Sidonie, 44 ans, mariée avec Marc depuis dix-huit ans, trois enfants
« Cela faisait quinze ans que Marc était à mes côtés quand il a tout balancé : son infidélité, son besoin de partir, d’y voir plus clair avec un psy. Je me suis sentie à la fois remplie de colère et vidée de tout repère. S’en sont suivis deux mois de crises d’angoisse, de ressentiments et de reproches. Jusqu’à ce que je m’accorde une retraite spirituelle, quatre jours en silence, face à moi-même. Le prêtre a suggéré que plus je retiendrais mon mari, moins je serais dans le discernement, et moins lui pourrait vivre pleinement son chemin. Il serait mieux que je lâche, que je l’appelle au minimum, sans le culpabiliser, ni jouer la corde sensible.
À mon retour, j’ai dit à Marc que je comprenais sa démarche. Ma seule exigence : une thérapie de couple. J’avais besoin d’aller au bout de notre histoire. Au fil des séances, j’ai compris qu’il s’était senti mis à l’écart à la naissance de notre dernier, que je prenais toute la place à la maison (en lui reprochant de ne pas en prendre), que j’avais délaissé notre couple pour mes enfants et mon métier. Un jour, en pleine séance, je me suis surprise à dire que je n’étais pas bien sûre de résister si un homme me draguait.
Contre toute attente, il est revenu vivre avec nous. Je m’attendais à un feu d’artifice, mais je ne me sentais ni désirée ni aimée. J’ai compris que notre reconstruction s’accomplirait en dehors de toute passion : nous devions nous réapprivoiser, trouver un autre fonctionnement. J’ai intégré ses difficultés à exprimer ses émotions, appris à l’impliquer davantage dans ma vie, à être moins exigeante. Il est devenu plus attentif, présent. Six mois après son réaménagement, il a organisé une fête pour mes 40 ans. C’était sa manière de me montrer son amour. Ce soir-là, j’ai senti un pardon monter de mes entrailles. Notre intimité et notre complicité sont revenues peu à peu, mais il m’a fallu du temps pour ne plus avoir peur de la rupture. Cinq ans après, on n’en parle plus, ce n’est pas la peine. Notre couple en est ressorti fortifié. » 



    
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